
Contrairement à l’idée reçue, lever des fonds au Canada n’est pas une question de séduction, mais de compréhension des mécaniques financières et des objectifs cachés de vos investisseurs.
- La clause de « liquidation preference » peut réduire votre gain à zéro, même lors d’une belle sortie.
- La majorité des sorties se font par rachat (M&A), un objectif que votre VC a en tête dès le premier jour.
- La structure de votre table de capitalisation et votre juridiction sont des enjeux stratégiques bien avant d’être administratifs.
Recommandation : Pensez comme un analyste VC pour anticiper les exigences, décrypter les contrats et protéger votre participation tout au long de votre croissance.
Pour un entrepreneur tech au Canada, la quête de financement est un rite de passage. On passe des mois à peaufiner un pitch deck, à construire des modèles financiers et à rêver du chèque qui transformera une vision en réalité. L’écosystème regorge d’options en apparence : la BDC et son capital patient, les fonds de Venture Capital (VC) avides de croissance exponentielle, les Business Angels qui apportent leur expertise… La discussion se concentre souvent sur la préparation d’un bon plan d’affaires et l’importance du réseautage pour obtenir ce premier contact.
Cependant, cette vision est incomplète. Elle omet la partie la plus cruciale du jeu : la perspective de l’investisseur. Penser que lever des fonds se résume à une belle histoire et des projections de revenus optimistes est une erreur coûteuse. La véritable partie se joue dans les détails des term sheets, dans les clauses qui dictent la répartition des gains et dans les objectifs non dits de vos futurs partenaires. L’asymétrie d’information entre un fondateur, même brillant, et un VC qui analyse des centaines de dossiers par an est immense.
Et si la clé n’était pas de mieux « pitcher », mais de mieux comprendre la psychologie, les contraintes et les mécanismes de vos interlocuteurs ? Cet article n’est pas un guide de plus sur « comment faire un business plan ». C’est une incursion dans la salle des machines du VC canadien. Nous allons décortiquer les clauses qui comptent vraiment, simuler l’impact réel de la dilution, comprendre pourquoi votre rentabilité à court terme n’est pas leur priorité et quelle stratégie de sortie ils envisagent pour vous avant même de vous avoir signé.
En adoptant le regard d’un analyste, vous ne serez plus un simple demandeur de capital, mais un partenaire stratégique qui négocie en connaissance de cause. L’objectif est simple : vous donner les outils pour naviguer cet écosystème, protéger votre participation et aligner vos intérêts avec ceux de vos financeurs, pour ne pas découvrir trop tard les règles d’un jeu que vous pensiez maîtriser.
Sommaire : Naviguer l’écosystème du Venture Capital au Canada
- Liquidation preference : pourquoi cette clause obscure peut vous laisser avec 0 $ à la sortie ?
- Retour sur investissement VC : pourquoi votre rentabilité ne les intéresse pas (au début) ?
- Table de capitalisation (Cap Table) : comment simuler votre part après 3 tours de financement ?
- IPO ou Rachat : quelle sortie visent vos investisseurs dès le premier jour ?
- Warm Intro vs Cold Email : comment obtenir ce premier rendez-vous impossible avec un associé ?
- Investisseurs et juridiction : pourquoi certains VCs préfèrent investir dans une société fédérale (LCSA) ?
- Société de Capital de Démarrage : comment fusionner avec une coquille vide pour entrer en bourse plus vite ?
- TSX Venture : comment utiliser la « Bourse des PME » pour financer votre croissance minière ou tech ?
Liquidation preference : pourquoi cette clause obscure peut vous laisser avec 0 $ à la sortie ?
Au cœur de chaque term sheet de VC se trouve une clause bien plus déterminante que la valorisation affichée : la préférence de liquidation (liquidation preference). C’est le mécanisme qui assure à l’investisseur d’être remboursé en priorité en cas de vente de l’entreprise (l’événement de liquidité). Pour un fondateur, ignorer ses subtilités, c’est comme signer un chèque en blanc sur son futur gain. Cette clause détermine le début de la « cascade de paiement » : qui est payé, dans quel ordre, et combien.
Il existe deux types principaux : non-participante et participante. La version non-participante (la plus courante) donne à l’investisseur le choix : soit il récupère un multiple de son investissement initial (souvent 1x), soit il convertit ses actions privilégiées en actions ordinaires et prend sa part proportionnelle du gâteau, si cela est plus avantageux. La version participante, plus agressive, lui permet de récupérer son multiple ET de participer ensuite à la répartition du solde. Heureusement, ce modèle est plus rare. Selon les données de marché, environ 84% des actions privilégiées participantes comportaient un multiple de 1,0x en 2024, ce qui indique une certaine standardisation du marché.
Imaginons un scénario simple pour illustrer l’impact. Un VC investit 2 M$ pour 20% de votre startup, avec une préférence de liquidation non-participante de 2x. Si l’entreprise est vendue 5 M$, le VC a deux options. Option 1 : exercer sa préférence 2x et recevoir 4 M$ (2 x 2 M$). Option 2 : convertir ses actions et recevoir 20% de 5 M$, soit 1 M$. Il choisira évidemment l’option 1. Sur cette vente de 5 M$, il ne reste donc que 1 M$ à partager entre les fondateurs et les employés. La valorisation de 10 M$ négociée au moment du tour de table n’a plus aucune pertinence ici. C’est un exemple extrême, mais il démontre que la valeur de sortie est le seul juge de paix.
Retour sur investissement VC : pourquoi votre rentabilité ne les intéresse pas (au début) ?
Les entrepreneurs sont souvent obsédés par la rentabilité. C’est un réflexe sain pour toute entreprise traditionnelle. Pourtant, dans l’univers du Venture Capital, présenter un plan visant une rentabilité modeste et rapide peut être un signal d’alarme pour un investisseur. La raison est simple : le modèle économique d’un fonds VC repose sur la « loi de puissance » (Power Law). Un fonds ne cherche pas dix entreprises qui font 20% de profit par an ; il cherche UNE entreprise qui retournera 50x ou 100x la mise, compensant ainsi les neuf autres qui échoueront ou stagneront.
Cette quête du « home run » explique pourquoi les VCs privilégient la croissance agressive des revenus, la part de marché et l’acquisition d’utilisateurs plutôt que la profitabilité à court terme. Ils financent des pertes opérationnelles considérables tant que les métriques de croissance (le fameux « traction ») indiquent un potentiel de domination du marché. C’est un pari sur l’avenir, où la valeur est créée par la taille et la position stratégique, pas par les profits trimestriels. Des acteurs comme BDC Capital, l’un des investisseurs les plus actifs au Canada, incarnent une approche de « capital patient », mais toujours orientée vers la création de leaders de marché. BDC s’est classée première en nombre de transactions et en dollars investis pour 2024, ce qui témoigne de son rôle central dans le financement de cette ambition de croissance.

Cette philosophie est parfaitement résumée par leur propre approche, qui valorise la vision sur le long terme. Comme l’exprime BDC Capital, un investisseur institutionnel clé au Canada :
Les grandes entreprises ne se créent pas du jour au lendemain. Il faut du temps, de l’ambition et une vision à long terme. Et nous le savons. C’est pourquoi nous sommes un investisseur patient et que nous vous apportons un soutien personnalisé et à valeur ajoutée, en fonction de votre secteur et de votre stade de développement.
– BDC Capital, Présentation de l’approche d’investissement
Votre mission n’est donc pas de leur prouver que vous pouvez être rentable l’an prochain, mais que vous avez un plan crédible pour devenir un géant dans cinq ou dix ans, quitte à brûler du cash pour y parvenir.
Table de capitalisation (Cap Table) : comment simuler votre part après 3 tours de financement ?
La table de capitalisation, ou « Cap Table », est le document le plus important de votre entreprise. Plus qu’un simple tableau Excel, c’est le grand livre qui retrace qui possède quoi. C’est le score en temps réel du jeu de la levée de fonds. Chaque tour de financement, chaque embauche avec des options, chaque billet convertible modifie ce document et dilue la part des actionnaires existants. Pour un fondateur, ne pas maîtriser sa Cap Table, c’est piloter à l’aveugle, risquant de découvrir à la sortie que sa part du gâteau a fondu bien plus que prévu.
L’erreur la plus fréquente est de sous-estimer l’impact du « pool d’options » pour les employés. Avant même de négocier leur investissement, les VCs exigeront la création d’un pool d’options (généralement 15-20%) calculé sur la valorisation « pré-financement ». Concrètement, cette dilution est supportée par les actionnaires actuels, c’est-à-dire les fondateurs. C’est une double dilution : d’abord par le pool, puis par l’investissement du VC lui-même.
Le tableau suivant, basé sur une analyse de Kruze Consulting, illustre clairement cet impact. Imaginons que les fondateurs possèdent 100% et qu’un VC investisse pour obtenir 30% de l’entreprise post-financement. L’impact de la création d’un pool d’options de 20% avant l’investissement est significatif, comme le montre cette analyse comparative de la dilution.
| Scénario | Sans pool d’options | Avec pool 20% pré-financement |
|---|---|---|
| Part fondateurs pré-investissement | 100% | 80% |
| Part fondateurs post-investissement (VC prend 30%) | 70% | 56% |
| Dilution totale | 30% | 44% |
Modéliser sa Cap Table sur plusieurs tours de financement devient un exercice crucial. Il faut anticiper non seulement les nouveaux investisseurs, mais aussi la conversion des instruments comme les SAFE (Simple Agreement for Future Equity) ou les billets convertibles, ainsi que les pools d’options supplémentaires requis à chaque tour. Une bonne modélisation permet de négocier en connaissance de cause, en comprenant l’impact de chaque clause sur votre participation finale.
Votre plan d’action : Modéliser votre Cap Table en 5 étapes
- Calculer votre part actuelle en incluant toutes les classes d’actions (ordinaires et privilégiées) et les détenteurs existants.
- Intégrer le pool d’options d’employés demandé par les VCs (généralement 15-20%) et mesurer la dilution pré-financement.
- Simuler l’impact des SAFE et billets convertibles lors de leur conversion en actions au moment du tour de financement.
- Ajouter les liquidation preferences de chaque tour et construire la cascade de paiement pour différents scénarios de sortie.
- Modéliser au moins trois scénarios de sortie (pessimiste, réaliste, optimiste) pour comprendre votre gain net potentiel.
IPO ou Rachat : quelle sortie visent vos investisseurs dès le premier jour ?
Dès la première rencontre, un investisseur en capital-risque se pose une question fondamentale : « Comment vais-je récupérer mon argent avec un multiple significatif ? ». Cette question de la « sortie » (exit) n’est pas une pensée secondaire ; elle est au cœur de sa thèse d’investissement. L’alignement des sorties entre le fondateur et l’investisseur est donc primordial. Si vous rêvez de construire une entreprise familiale sur 30 ans et que votre VC a un fonds sur un cycle de 10 ans, le conflit est inévitable. Les deux voies royales de sortie sont l’introduction en bourse (IPO) et le rachat par une autre entreprise (M&A – Mergers & Acquisitions).
Si l’IPO est souvent l’option la plus médiatisée et la plus fantasmée, la réalité du marché canadien est tout autre. Les sorties par M&A dominent très largement le paysage. Les données sont sans appel : selon les rapports de la CVCA (Canadian Venture Capital & Private Equity Association), il n’y a eu aucune IPO soutenue par du VC au Canada en 2024, signifiant que 100% des sorties se sont faites par M&A. Cette statistique n’est pas une anomalie conjoncturelle, mais une tendance de fond. Les acquéreurs stratégiques (grandes entreprises du même secteur) et financiers (fonds de Private Equity) sont les principaux acheteurs des startups canadiennes à succès.
Comprendre cette réalité change radicalement votre stratégie. Au lieu de vous préparer pour une IPO lointaine, vous devriez identifier vos acquéreurs potentiels dès le début. Qui, dans votre industrie, aurait un intérêt stratégique à acheter votre technologie, votre équipe ou votre part de marché ? Bâtir des relations avec ces entreprises des années avant une potentielle transaction fait partie du jeu.
Étude de Cas : L’acquisition de Fusion Pharmaceuticals, une sortie M&A record
L’acquisition de la société canadienne Fusion Pharmaceuticals par le géant pharmaceutique AstraZeneca pour 3,26 milliards de dollars canadiens a été la plus grande sortie divulguée de l’année 2024. Cet exemple illustre parfaitement le scénario de sortie le plus courant et souvent le plus lucratif au Canada : le rachat par un acteur international cherchant à acquérir une innovation de pointe. Pour les investisseurs de Fusion, cette transaction a validé leur pari et généré un retour sur investissement massif, bien plus rapide et certain qu’une introduction en bourse dans un marché volatil.
Warm Intro vs Cold Email : comment obtenir ce premier rendez-vous impossible avec un associé ?
L’un des plus grands défis pour un entrepreneur est de simplement réussir à présenter son projet à un associé (Partner) dans un fonds de VC. Les boîtes de réception des VCs sont inondées de centaines de « cold emails » chaque semaine. Même avec un projet exceptionnel, les chances de se démarquer dans cette masse sont infimes. C’est ici qu’intervient le concept fondamental de l’introduction chaude (warm intro). Dans l’écosystème du capital-risque, la confiance est une monnaie. Les VCs s’appuient sur leur réseau de confiance pour filtrer les opportunités.
Une « warm intro » est une mise en relation effectuée par une personne que le VC connaît et respecte. Cette source agit comme un premier filtre de crédibilité. L’efficacité d’une introduction dépend directement de la qualité de l’intermédiaire. Une introduction venant d’un fondateur d’une entreprise à succès de leur portefeuille est de l’or en barre. De même, un avocat d’affaires d’un cabinet réputé (comme Osler, Fasken, ou Torys au Canada) ou un comptable spécialisé dans les startups sont des sources très crédibles. Ils mettent leur propre réputation en jeu en vous recommandant.

Le « cold email » n’est pas totalement inutile, mais il doit être chirurgical. Plutôt qu’un message générique, il doit démontrer que vous avez fait vos devoirs. Mentionnez un investissement récent du fonds qui est pertinent pour votre secteur, citez un article ou une intervention de l’associé que vous contactez, et expliquez de manière concise en quoi votre projet s’aligne parfaitement avec leur thèse d’investissement. Votre objectif n’est pas de tout expliquer, mais de susciter assez de curiosité pour obtenir un appel de 15 minutes. Des réseaux comme le C100, qui connecte les entrepreneurs canadiens à des mentors de la Silicon Valley, peuvent également être une excellente source d’introductions qualifiées auprès de VCs nord-américains.
Investisseurs et juridiction : pourquoi certains VCs préfèrent investir dans une société fédérale (LCSA) ?
Le choix de la juridiction sous laquelle constituer votre entreprise peut sembler être un détail administratif, mais pour des investisseurs avisés, c’est une décision stratégique. Au Canada, vous pouvez principalement vous constituer au niveau provincial ou fédéral (en vertu de la Loi canadienne sur les sociétés par actions – LCSA). Si la constitution provinciale est souvent plus simple et moins coûteuse au départ, de nombreux VCs, en particulier ceux ayant des liens avec les États-Unis, montrent une préférence marquée pour la structure fédérale. Cet « arbitrage juridique » est motivé par la flexibilité et la prévisibilité.
La LCSA est perçue comme plus moderne et plus souple que de nombreuses lois provinciales, notamment en ce qui concerne la structuration du capital. Elle facilite la création de multiples classes d’actions avec des droits différents (votants, non-votants, dividendes préférentiels), ce qui est essentiel pour les montages financiers complexes des tours de VC. De plus, pour une startup qui ambitionne de recruter des talents à travers le Canada, une société fédérale simplifie la gestion administrative, notamment pour l’émission d’options d’achat d’actions à des employés résidant dans différentes provinces.
Un autre avantage majeur de la LCSA est sa reconnaissance internationale et son harmonisation avec les standards américains. Si votre startup envisage une expansion aux États-Unis ou de lever des fonds auprès de VCs américains, une structure fédérale est souvent un prérequis. Elle simplifie un processus connu sous le nom de « Delaware Flip« , où l’entreprise canadienne devient une filiale d’une nouvelle société mère américaine constituée dans l’État du Delaware, la juridiction de prédilection pour les entreprises technologiques américaines. Anticiper ce besoin dès le départ en choisissant une constitution fédérale peut économiser des mois de démarches juridiques et des coûts importants plus tard.
En résumé, les avantages de la LCSA pour les investisseurs incluent :
- Flexibilité accrue dans la structuration des classes d’actions privilégiées.
- Harmonisation plus facile avec les standards américains pour un éventuel « Delaware Flip ».
- Simplicité administrative pour l’émission d’options d’achat d’actions à des employés dans plusieurs provinces.
- Reconnaissance internationale facilitée pour les co-investisseurs étrangers.
- Processus de sortie simplifié en cas d’acquisition transfrontalière.
À retenir
- La préférence de liquidation est reine : Avant même la valorisation, cette clause dicte qui est payé en premier et combien. C’est le point de départ de toute négociation.
- La sortie par M&A est la norme au Canada : L’écrasante majorité des sorties VC se font par rachat. Votre stratégie doit identifier et séduire de potentiels acquéreurs dès le début.
- Votre Cap Table est votre véritable bulletin : C’est le seul document qui montre la réalité de votre participation. La maîtriser et la modéliser est non-négociable pour éviter les mauvaises surprises.
Société de Capital de Démarrage : comment fusionner avec une coquille vide pour entrer en bourse plus vite ?
Pour les entreprises en croissance qui cherchent des capitaux mais ne sont pas prêtes pour la lourdeur d’une IPO traditionnelle, la Bourse de croissance TSX (TSX Venture Exchange) offre une voie alternative unique au monde : le programme des Sociétés de Capital de Démarrage (SCD), ou Capital Pool Company (CPC) en anglais. Le concept est ingénieux : une « coquille vide » (la CPC), créée par des financiers expérimentés, lève une petite somme d’argent et s’inscrit en bourse avec pour seul objectif de trouver et de fusionner avec une entreprise privée prometteuse dans les 24 mois.
Pour une startup, fusionner avec une CPC est une sorte d’IPO par la porte arrière (reverse takeover ou RTO). Ce processus permet à l’entreprise privée de devenir une société cotée beaucoup plus rapidement et à moindre coût qu’une introduction en bourse classique. Au lieu de passer par le long processus de rédaction d’un prospectus et de tournées de présentation (roadshows), l’entreprise négocie directement avec l’équipe de direction de la CPC. Une fois la fusion approuvée, l’entreprise privée prend le contrôle de la coquille cotée et accède aux fonds qu’elle avait levés, ainsi qu’à la possibilité de lever davantage de capital sur les marchés publics.
Cette voie est particulièrement populaire auprès des entreprises des secteurs minier, technologique et des sciences de la vie. Elle offre une liquidité plus rapide pour les premiers investisseurs et une plateforme pour financer la croissance future. Le tableau suivant, basé sur des données de marché rapportées par BetaKit, met en lumière les avantages d’une fusion CPC par rapport à une IPO traditionnelle sur le TSX Venture.
Cette comparaison montre pourquoi la voie CPC est une option stratégique pour de nombreuses PME canadiennes en croissance, comme en témoignent les données de marché relayées par des sources comme BetaKit analysant l’écosystème canadien.
| Critère | Fusion CPC | IPO Traditionnelle |
|---|---|---|
| Temps moyen | 3-6 mois | 9-12 mois |
| Coûts juridiques estimés | 200k-400k CAD | 500k-1M CAD |
| Exigences financières | Plus flexibles | Historique de revenus requis |
| Dilution typique | 20-30% | 15-25% |
TSX Venture : comment utiliser la « Bourse des PME » pour financer votre croissance minière ou tech ?
La Bourse de croissance TSX, ou TSX Venture Exchange (TSX-V), est une institution unique dans le paysage financier mondial. Conçue spécifiquement pour les petites et moyennes entreprises (PME) en phase de démarrage et de croissance, elle agit comme un pont entre le capital de risque privé et les marchés publics. Alors que les grandes bourses comme le TSX ou le NASDAQ exigent des revenus substantiels et une longue histoire, le TSX-V offre un accès au capital public à des entreprises qui sont encore en train de valider leur modèle d’affaires, notamment dans les secteurs technologiques et miniers, piliers de l’économie canadienne.
Être coté sur le TSX-V présente plusieurs avantages stratégiques. Premièrement, cela offre une liquidité pour les fondateurs et les premiers investisseurs (anges, VCs) qui peuvent ainsi commencer à vendre leurs actions sur le marché. Deuxièmement, cela donne à l’entreprise un accès continu à des capitaux via des émissions d’actions secondaires pour financer son expansion, ses acquisitions ou ses projets de R&D. Enfin, la cotation confère une visibilité et une crédibilité accrues, facilitant les partenariats et le recrutement de talents.
Le parcours typique d’une entreprise sur le TSX-V est celui d’une graduation. Une startup peut y entrer via une IPO traditionnelle, une prise de contrôle inversée (RTO) ou le programme CPC. Elle utilise ensuite la plateforme pour lever des fonds et grandir, avec l’objectif ultime de « graduer » sur la bourse principale, le TSX, une fois qu’elle atteint la taille et la maturité requises. Cette trajectoire est un puissant moteur de création d’entreprises de premier plan au Canada. Naviguer cet écosystème n’est pas une fin en soi, mais un outil puissant dans la boîte à outils de financement d’un entrepreneur ambitieux, agissant comme le niveau supérieur du « capital patient » pour accompagner la croissance sur le long terme.
Questions fréquentes sur la levée de fonds VC au Canada
Quelle est la meilleure façon d’obtenir une introduction auprès d’un VC canadien?
Une introduction par un fondateur d’une entreprise de leur portefeuille ou un avocat d’affaires reconnu (comme ceux des cabinets Osler ou Fasken) a significativement plus de poids qu’une connexion LinkedIn directe. Ces intermédiaires agissent comme un premier sceau de confiance et de crédibilité.
Les VCs canadiens acceptent-ils les cold emails?
Oui, mais le taux de réponse est généralement très faible. Pour maximiser vos chances, votre email doit être hyper-personnalisé : mentionnez spécifiquement leurs investissements récents qui sont pertinents pour votre secteur et expliquez de manière concise et claire l’alignement de votre projet avec leur thèse d’investissement affichée.
Comment utiliser le réseau C100 pour des introductions?
Le C100 est une organisation prestigieuse qui connecte les entrepreneurs canadiens les plus prometteurs avec un réseau de mentors et d’investisseurs de la Silicon Valley et d’ailleurs. Être accepté dans l’un de leurs programmes peut faciliter des introductions chaudes et de haute qualité auprès de VCs de premier plan ayant un intérêt stratégique pour le marché canadien.