Publié le 15 mars 2024

Contrairement à la croyance populaire, le 2% de frais de gestion (RFG) affiché sur vos fonds communs n’est que la pointe de l’iceberg ; le coût total réel est souvent plus élevé et la surperformance promise est rarement au rendez-vous.

  • Des frais d’opération cachés (RFO) peuvent ajouter jusqu’à 0,25% de coûts annuels, grignotant silencieusement votre capital.
  • Les données historiques montrent que plus de 85% des gestionnaires de fonds actifs ne parviennent pas à battre leur indice de référence une fois les frais déduits.

Recommandation : Auditez vos placements actuels pour connaître leur coût total de possession et envisagez de migrer vers des FNB à bas frais pour maximiser votre patrimoine à long terme.

Ce 2% de frais de gestion annuel sur votre fonds commun de placement semble anodin. Un petit prix à payer pour qu’un expert gère votre argent, n’est-ce pas ? C’est le discours rassurant que l’on entend souvent. Pourtant, cette simple perception est peut-être l’erreur financière la plus coûteuse de votre vie d’épargnant. Sur des décennies, cette « friction financière » ne s’additionne pas, elle se compose contre vous, pouvant amputer votre patrimoine final de plus de 100 000 $. La différence entre une retraite confortable et une retraite pleine de compromis se joue souvent sur ces quelques points de pourcentage que l’on a tendance à ignorer.

La discussion habituelle oppose la gestion « active » des fonds communs, censée battre le marché, à la gestion « passive » des fonds négociés en bourse (FNB), qui ne fait que le répliquer à moindre coût. Mais cette distinction est devenue un écran de fumée. La véritable question n’est plus « actif contre passif », mais « coût élevé contre coût faible ». Et si la surperformance promise par la gestion active n’était, dans la grande majorité des cas, qu’une illusion mathématique qui ne survit pas à l’épreuve des frais ?

Cet article n’est pas un plaidoyer simpliste pour les FNB. C’est une dissection mathématique, une plongée dans les coulisses d’une industrie où les frais visibles cachent souvent des coûts encore plus insidieux. Nous allons déconstruire le mythe de la surperformance, vous montrer comment identifier les frais réellement payés, et vous donner des stratégies concrètes pour optimiser l’architecture de votre portefeuille. L’objectif est simple : vous armer de connaissances pour que ce 2% ne décide pas de votre avenir financier à votre place.

Pour vous guider dans cette analyse essentielle, nous aborderons les points cruciaux qui distinguent une stratégie d’investissement coûteuse d’une stratégie efficace. Ce guide vous donnera les clés pour évaluer vos placements actuels et futurs avec un œil critique et informé.

RFG caché : comment trouver les frais d’opération qui ne sont pas dans le pourcentage affiché ?

Le Ratio de Frais de Gestion (RFG) est le chiffre que tous les investisseurs connaissent. C’est le pourcentage affiché, celui qui représente la rémunération du gestionnaire et les frais administratifs. Cependant, ce n’est pas le coût total que vous supportez. Un autre acronyme, bien moins visible, est essentiel à comprendre : le Ratio des Frais d’Opération (RFO). Ce dernier inclut les coûts de transaction du fonds (achats et ventes de titres), les commissions de courtage, et d’autres dépenses opérationnelles. Ces frais ne sont pas inclus dans le RFG, mais ils sont bien déduits de la valeur de votre placement.

Pensez-y comme la différence entre le prix affiché d’un billet d’avion et le coût total avec les frais de bagages et de sélection de siège. Le RFO peut sembler minime, mais il représente une friction financière supplémentaire. Pour de nombreux fonds canadiens, il n’est pas rare de voir un RFO ajouter jusqu’à 0,25% de l’actif total du fonds en frais d’opération annuels. Un fonds avec un RFG de 2% pourrait donc en réalité vous coûter 2,25% par an. Cette différence, composée sur 30 ans, représente des dizaines de milliers de dollars.

Pour débusquer ce coût caché, vous devez consulter le document « Aperçu du fonds » ou le « Rapport de la direction sur le rendement du fonds » (RDRF). C’est là que le RFO est obligatoirement divulgué. Le coût total de possession de votre fonds est donc la somme du RFG et du RFO. C’est ce chiffre que vous devez utiliser pour comparer les produits, et non le RFG seul. Ignorer le RFO, c’est accepter de payer des frais dont vous n’avez même pas conscience.

Alpha vs Bêta : est-ce que votre gestionnaire bat vraiment le marché après frais ?

L’argument principal en faveur des fonds communs à frais élevés est la promesse d’un « alpha ». En finance, le Bêta représente le rendement du marché (l’indice de référence, comme le S&P/TSX). Si le marché monte de 10%, votre Bêta est de 10%. L’Alpha, lui, est la surperformance générée par le talent du gestionnaire. Si votre fonds rapporte 12% alors que le marché n’en fait que 10, votre gestionnaire a généré 2% d’alpha. C’est pour cet alpha que vous payez 2% de frais.

Le problème ? Cette « illusion de l’alpha » s’effondre face aux données. Année après année, des études rigoureuses démontrent que la grande majorité des gestionnaires actifs n’arrivent pas à battre leur indice de référence de manière constante, surtout une fois les frais déduits. Le talent est rare, et la chance ne dure pas. Pour un investisseur, payer pour un alpha qui ne se matérialise pas est l’équivalent de payer une assurance pour une voiture qui reste au garage.

Cette balance entre la gestion active (promesse d’alpha) et passive (capture du bêta à bas coût) est au cœur du débat. L’illustration ci-dessous symbolise ce choix : d’un côté, la complexité et le poids des frais de la gestion active ; de l’autre, la simplicité et la transparence de l’approche indicielle.

Analyse comparative abstraite entre gestion active et passive

Les chiffres sont sans appel. Le rapport SPIVA (S&P Indices Versus Active) est la référence en la matière. Il révèle que, sur les 10 dernières années, plus de 85% des fonds d’actions canadiennes actives ont sous-performé leur indice de référence. Autrement dit, une écrasante majorité des investisseurs aurait obtenu de meilleurs résultats en achetant simplement un FNB indiciel à bas frais. Comme le résume S&P Dow Jones Indices dans son étude SPIVA :

Sur une période de 10 à 15 ans, entre 80 % et 95 % des fonds actifs font moins bien que leur indice de référence.

– S&P Dow Jones Indices, Étude SPIVA

Faux gestionnaires actifs : l’erreur de payer cher pour un fonds qui copie simplement l’indice

Le constat précédent est déjà sévère pour la gestion active. Mais une pratique encore plus discutable existe : l’indexation déguisée, ou « closet indexing ». Il s’agit de fonds qui se présentent et se facturent comme étant « gérés activement », mais dont le portefeuille ressemble à s’y méprendre à celui d’un indice de référence. Le gestionnaire prend très peu de risques et s’écarte à peine de la composition de l’indice, assurant ainsi une performance proche du marché. Le problème est que vous payez 2% de frais pour un service qui en vaut 0,20% s’il était vendu honnêtement comme un produit indiciel.

C’est la pire des deux mondes : vous payez le prix fort de la gestion active sans aucune chance réelle d’obtenir de l’alpha, puisque le gestionnaire ne prend aucune véritable décision différenciante. Vous payez pour une expertise qui n’est pas utilisée. Identifier ces « faux gestionnaires actifs » est crucial pour ne pas se faire flouer.

Étude de cas : Le phénomène du « closet indexing »

De nombreux fonds dits ‘actifs’ copient en réalité leur indice de référence tout en facturant des frais élevés. C’est ce qu’on appelle le closet indexing : les gérants donnent l’illusion d’une gestion active, mais leur portefeuille reste très proche de celui d’un indice comme le S&P 500, tout en facturant 2% de frais au lieu de 0,20% pour un FNB équivalent. L’investisseur paie une prime de 1,8% pour une gestion qui n’en est pas une.

Pour vous protéger, vous devez devenir un enquêteur. L’un des indicateurs clés est la « part active » (Active Share), qui mesure le pourcentage du portefeuille d’un fonds qui diffère de son indice de référence. Un chiffre inférieur à 60% est souvent le signe d’une indexation déguisée. Armez-vous des bonnes questions avant de rencontrer un conseiller.

Checklist d’audit : Questions clés pour démasquer un faux gestionnaire actif

  1. Quelle est la part active (Active Share) de ce fonds ? Exigez un chiffre précis.
  2. Confrontez la part active au consensus : si elle est inférieure à 60%, questionnez la pertinence de la gestion active.
  3. Quel est le taux de rotation du portefeuille ? Un taux très bas peut indiquer une faible activité.
  4. Justification des coûts : demandez comment les frais élevés sont justifiés si la performance colle à celle de l’indice.
  5. Stratégie de différenciation : demandez au gestionnaire d’expliquer clairement en quoi sa stratégie s’écarte de l’indice.

Frais de sortie (DSC) : quand vaut-il la peine de payer la pénalité pour changer de fonds ?

Vous avez réalisé que votre fonds commun est trop cher et sous-performant. La logique voudrait que vous vendiez tout pour migrer vers un FNB à bas frais. Mais un obstacle majeur peut se dresser : les frais d’acquisition à frais de sortie (aussi appelés « Deferred Sales Charge » ou DSC). Ce mécanisme vous pénalise si vous vendez vos parts avant une certaine période (généralement 5 à 7 ans). La pénalité, qui peut atteindre 6% la première année, diminue progressivement jusqu’à zéro.

Face à une pénalité de plusieurs milliers de dollars, beaucoup d’investisseurs se sentent piégés et préfèrent attendre. C’est une erreur de calcul. Il faut raisonner en termes de « point de bascule » : à partir de combien de temps les économies de frais réalisées avec un nouveau fonds compenseront-elles la pénalité payée aujourd’hui ? La réponse est souvent : beaucoup plus vite qu’on ne le pense. Si vous passez d’un fonds à 2,25% de frais à un FNB à 0,25%, vous économisez 2% par an. Ce gain annuel va rapidement « rembourser » la pénalité de sortie.

Le tableau suivant illustre ce calcul pour une pénalité de 4%, en supposant une économie annuelle de 2% sur les frais de gestion. Il démontre que le jeu en vaut la chandelle.

Calcul du point de bascule pour les frais de sortie
Montant investi Pénalité DSC (4%) Économie annuelle (2% de frais) Point de récupération
25 000 $ 1 000 $ 500 $/an 2 ans
50 000 $ 2 000 $ 1 000 $/an 2 ans
100 000 $ 4 000 $ 2 000 $/an 2 ans

En seulement deux ans, les économies de frais ont entièrement couvert la pénalité de sortie. Chaque année suivante est un gain net. L’impact est encore plus frappant à long terme, avec une économie potentielle de plus de 20 000 $ sur 10 ans pour un portefeuille de 100 000 $ en passant d’un fonds à 2,5% à un FNB à 0,20%. Payer la pénalité n’est pas une perte, c’est un investissement pour libérer votre capital d’une friction financière excessive.

Série A, F ou D : quelle lettre choisir pour payer moins cher selon votre type de compte ?

Tous les fonds communs ne sont pas égaux, même s’ils portent le même nom. Ils sont souvent déclinés en plusieurs « séries », identifiées par une lettre (A, F, D, etc.), qui correspondent à des structures de frais différentes. Choisir la mauvaise série peut vous coûter des milliers de dollars inutilement. Comprendre cette nomenclature est une autre clé pour réduire la friction financière.

  • Série A : C’est la plus courante et la plus chère. Le « A » signifie « Advisor » (conseiller). Les frais (généralement 2% à 2,5%) incluent une commission versée au conseiller qui vous a vendu le fonds. C’est le modèle standard des grandes banques.
  • Série F : Le « F » signifie « Fee-based » (à honoraires). Cette série est destinée aux clients qui paient leur conseiller directement via un honoraire fixe (ex: 1% de l’actif géré). Les frais du fonds sont donc beaucoup plus bas (souvent autour de 1%), car ils n’incluent plus la rémunération du conseiller.
  • Série D : Le « D » signifie « Discount » ou « Direct ». Cette série est conçue pour les investisseurs autonomes qui achètent leurs fonds via une plateforme de courtage en ligne. Les frais sont encore plus bas (autour de 0,7%), car il n’y a aucune commission de conseil à payer.

La transparence des coûts augmente à mesure que l’on passe de la série A à la série D, comme le suggère l’illustration suivante où chaque cristal représente une structure de frais différente.

Représentation visuelle abstraite des différentes séries de fonds

Le choix dépend entièrement de votre situation. Si vous utilisez un courtier en ligne, vous ne devriez jamais détenir de fonds de série A. Exigez la série D ou, mieux encore, un FNB équivalent dont les frais seront encore plus bas (0,05% à 0,25%). Si vous travaillez avec un conseiller, demandez-lui s’il opère sur un modèle à honoraires (Série F) ou à commission (Série A). Cette simple question peut révéler si votre structure de frais est optimale. L’important est de toujours demander explicitement la série la plus avantageuse pour votre profil.

Quand rééquilibrer votre portefeuille : la règle des 5% pour maintenir une croissance stable

Avoir un portefeuille bien diversifié, c’est bien. Le maintenir équilibré, c’est mieux. Le rééquilibrage consiste à vendre une partie des actifs qui ont surperformé pour racheter ceux qui ont sous-performé, afin de revenir à votre allocation cible (par exemple, 60% actions, 40% obligations). Cette discipline vous force à vendre haut et acheter bas, tout en contrôlant le niveau de risque de votre portefeuille. Mais quand faut-il le faire ?

Une méthode simple et efficace est la règle des 5%. Vous n’intervenez que si l’une de vos catégories d’actifs s’écarte de plus de 5% de sa cible. Par exemple, si votre cible d’actions est de 60% et que, suite à une forte hausse du marché, elles représentent maintenant 66% de votre portefeuille, il est temps de rééquilibrer. Cette approche évite les transactions excessives (et les frais qui vont avec) tout en garantissant que votre profil de risque ne dérive pas.

Cependant, le rééquilibrage manuel, bien qu’efficace, peut être fastidieux et engendrer des frais de transaction. Heureusement, une innovation a largement simplifié ce processus pour l’investisseur individuel.

Étude de cas : Les FNB de répartition d’actifs auto-rééquilibrants

Une solution élégante au problème du rééquilibrage est l’utilisation de FNB dits « tout-en-un » ou de répartition d’actifs. Des produits comme VGRO (Vanguard) ou XGRO (iShares) sont des « fonds de fonds » : ils détiennent un panier de plusieurs FNB d’actions et d’obligations selon une allocation cible fixe (ex: 80% actions, 20% obligations). Le gestionnaire du FNB se charge de rééquilibrer automatiquement et en interne le portefeuille pour vous. Avec des frais totaux d’environ 0,20% à 0,25%, ces solutions éliminent complètement le besoin de rééquilibrage manuel, économisant du temps, des efforts et des frais de transaction pour l’investisseur.

L’adoption de ces produits a explosé au Canada, preuve qu’ils répondent à un réel besoin d’efficacité et de simplicité. Cette tendance de fond illustre le passage d’une gestion complexe à une approche plus rationalisée et à faible coût.

Localisation des actifs : pourquoi mettre vos obligations dans le CELI est un gaspillage d’espace fiscal ?

Réduire les frais est une chose, mais optimiser la fiscalité en est une autre, tout aussi cruciale. La « localisation des actifs » est l’art de placer les bons types de placements dans les bons types de comptes (CELI, REER, non-enregistré) pour minimiser l’impôt à payer. Tous les revenus de placement ne sont pas traités de la même manière par le fisc canadien. Comprendre cette hiérarchie est la base d’une bonne architecture fiscale.

Le Compte d’Épargne Libre d’Impôt (CELI) est un outil formidable : toute la croissance y est à l’abri de l’impôt. Il est donc logique de l’utiliser pour les placements ayant le plus fort potentiel de croissance, comme les actions. Les gains en capital, qui seraient imposables à 50% dans un compte non-enregistré, deviennent totalement libres d’impôt dans un CELI. À l’inverse, les revenus d’intérêts (provenant des obligations ou des CPG) sont imposables à 100% de votre taux marginal. Les placer dans un CELI les met à l’abri, mais c’est un très mauvais usage de cet espace fiscal précieux, car leur potentiel de croissance est faible.

Le tableau suivant résume la hiérarchie fiscale et le compte optimal pour chaque type de revenu, vous guidant dans la construction de votre architecture de portefeuille.

Cette hiérarchie fiscale, analysée dans un guide sur les coûts des FNB, est un pilier de l’investissement intelligent.

Hiérarchie fiscale des revenus de placement
Type de revenu Taux d’imposition Compte optimal
Intérêts (obligations) 100% imposable CELI/REER
Dividendes étrangers 100% imposable REER
Gains en capital 50% imposable Non-enregistré
Dividendes canadiens Crédit d’impôt Non-enregistré

La règle générale est donc : maximisez la croissance dans les abris fiscaux (CELI, REER) et laissez les placements fiscalement avantageux (actions canadiennes à dividendes) dans le compte non-enregistré. Une nuance importante concerne les titres américains : le REER est le meilleur endroit pour les détenir, car un traité fiscal entre le Canada et les États-Unis y exempte les dividendes de la retenue d’impôt de 15%. Cette exemption ne s’applique pas dans un CELI, comme le rappelle RBC Placements en Direct.

Des retenues d’impôt étranger peuvent s’appliquer aux distributions provenant de titres étrangers détenus dans un CELI.

– RBC Placements en Direct, Guide sur les coûts associés aux FNB

À retenir

  • Le coût réel d’un fonds dépasse le RFG affiché ; le Ratio des Frais d’Opération (RFO) est un coût caché à ne jamais oublier.
  • Historiquement, la grande majorité des gestionnaires de fonds actifs ne justifient pas leurs frais élevés car ils ne parviennent pas à battre leur indice de référence de manière constante.
  • L’optimisation fiscale via la localisation des actifs (placer les bons titres dans les bons comptes) est un levier de performance aussi puissant que la réduction des frais de gestion.

Comment utiliser votre CELI pour bâtir un portefeuille à croissance agressive sans impôt ?

Maintenant que nous avons déconstruit les frais et compris l’importance de l’architecture fiscale, il est temps de passer à la pratique. Comment utiliser concrètement votre CELI pour en faire un moteur de croissance défiscalisé ? L’objectif est de tirer parti de son principal avantage : une croissance entièrement libre d’impôt. Il faut donc le dédier aux actifs ayant le plus haut potentiel de rendement à long terme, c’est-à-dire les actions.

Une stratégie éprouvée et facile à mettre en œuvre pour les investisseurs autonomes est l’approche « Cœur-Satellite » (Core-Satellite) à l’aide de FNB. Le « cœur » de votre portefeuille (environ 80-90%) est investi dans un FNB d’actions mondiales très diversifié et à très bas frais (comme XEQT ou VEQT). C’est votre base solide qui capte la croissance du marché mondial. Les « satellites » (10-20% restants) sont des paris plus ciblés sur des secteurs ou des thèmes que vous croyez porteurs (technologie, énergies propres, etc.), via des FNB sectoriels. Cette structure combine la sécurité de la diversification et un potentiel de surperformance sur des niches spécifiques.

Voici les étapes pour mettre en place cette stratégie :

  • Le Cœur (80-90%) : Investissez la majeure partie de votre CELI dans un FNB d’actions mondiales tout-en-un (ex : XEQT, VEQT).
  • Les Satellites (10-20%) : Allouez une plus petite partie à 1 ou 2 FNB thématiques ou sectoriels qui vous intéressent (ex : FNB sur le NASDAQ 100, FNB sur l’IA).
  • Discipline : Adoptez une approche d’achat et de conservation (« buy-and-hold »). Le CELI n’est pas un compte pour faire du « day trading ». L’Agence du revenu du Canada (ARC) pourrait requalifier vos gains en revenus d’entreprise et les imposer si l’activité est jugée trop fréquente.

Cette stratégie maximise le potentiel de croissance à l’abri de l’impôt. Cependant, il faut garder à l’esprit une règle fondamentale du CELI, comme le rappelle ce témoignage :

Un investisseur partage : ‘J’ai transféré mon CELI de 50 000 $ de fonds mutuels Tangerine à 1,06% de frais vers un FNB à 0,20%. La croissance s’accumule sans impôt. Attention toutefois : une perte dans le CELI est une perte permanente de droits de cotisation.’

– , Retraite101

L’étape suivante est claire : armé de ces connaissances, auditez votre portefeuille actuel. Calculez votre coût total de possession, évaluez la performance réelle de vos fonds par rapport à leur indice et vérifiez l’architecture fiscale de vos comptes. Prenez dès aujourd’hui les décisions nécessaires pour aligner votre stratégie d’investissement avec vos objectifs de retraite et cessez de laisser des frais excessifs dicter votre avenir.

Rédigé par Elena Petrova, Gestionnaire de portefeuille agréée (CFA) et stratège en investissement, spécialisée dans la gestion de patrimoine privé et les marchés boursiers nord-américains. Elle cumule 20 ans d'expérience dans l'analyse des actions à dividendes, des ressources naturelles et la planification de retraite.