Publié le 12 mars 2024

Votre holding n’est pas un coffre-fort passif, mais un accélérateur de patrimoine actif.

  • Utilisez l’Impôt en Main Remboursable au Titre de Dividendes (IMRTD) pour annuler l’impôt sur les dividendes de sociétés canadiennes et réduire drastiquement celui sur les intérêts.
  • Structurez les roulements fiscaux (Article 85) non seulement pour différer l’impôt, mais surtout pour extraire du capital libre d’impôt via des billets à ordre.

Recommandation : Adoptez une vision dynamique où chaque mécanisme fiscal sert à augmenter la vélocité de votre capital, transformant les liquidités excédentaires en une force de frappe pour vos acquisitions immobilières.

Pour l’entrepreneur prospère, l’accumulation de liquidités excédentaires au sein de sa compagnie opérante est un heureux problème. La solution conventionnelle, la création d’une société de gestion (holding), est souvent présentée comme un simple bouclier : un moyen de remonter des dividendes intercorporatifs à l’abri de l’impôt immédiat et de ségréguer les risques opérationnels des actifs de placement. Cette vision, bien que correcte, reste fondamentalement passive. Elle ignore le potentiel immense de la holding en tant qu’écosystème financier dynamique, un véritable moteur conçu pour démultiplier la puissance et la vélocité du capital destiné à l’investissement.

La véritable ingénierie patrimoniale ne consiste pas à simplement parquer des fonds, mais à orchestrer des flux. Il s’agit de comprendre que des mécanismes comme l’Impôt en Main Remboursable au Titre de Dividendes (IMRTD), le compte de dividende en capital (CDC) ou le roulement fiscal de l’article 85 ne sont pas des outils isolés. Ce sont les rouages d’une machine sophistiquée. L’objectif n’est plus seulement de réduire une facture fiscale, mais de transformer chaque dollar d’impôt récupéré ou différé en un dollar supplémentaire disponible pour l’acquisition. La holding devient alors le centre névralgique de votre stratégie d’expansion immobilière, un catalyseur qui accroît votre capacité d’investissement bien au-delà de la simple somme de vos liquidités.

Cet article se propose de décortiquer cette mécanique de haut vol. Nous explorerons comment, au-delà de la protection, la holding devient un instrument d’arbitrage fiscal actif pour l’investisseur immobilier aguerri. Nous analyserons les stratégies permettant non seulement d’optimiser, mais surtout d’accélérer votre croissance patrimoniale, en transformant les contraintes fiscales en opportunités d’investissement. Le parcours que nous vous proposons vous guidera à travers les stratégies essentielles pour faire de votre holding un multiplicateur de richesse.

Critère de purification : pourquoi sortir le cash excédentaire est vital pour l’exonération des gains en capital ?

L’un des avantages fiscaux les plus significatifs pour un entrepreneur au Canada est l’exonération cumulative des gains en capital (EGC) sur la vente d’actions d’une petite entreprise admissible. Cette exonération permet de réaliser un gain en capital substantiel sans payer d’impôt. Cependant, son accès est conditionné par des critères stricts, notamment le fameux test de 90% d’actifs admissibles au moment de la vente. En substance, au moins 90% de la juste valeur marchande (JVM) des actifs de la société doivent être utilisés activement dans l’exploitation de l’entreprise. Les liquidités excédentaires, les placements passifs ou un immeuble locatif non lié à l’exploitation sont considérés comme des « actifs contaminants » qui peuvent faire échouer ce test et anéantir l’exonération.

La « purification » n’est donc pas une option, mais une discipline de gestion proactive. Elle consiste à extraire ces actifs contaminants de la compagnie opérante avant la vente pour respecter le ratio. Par exemple, Justin, un entrepreneur, a pu vendre son entreprise pour 1,1 million de dollars avec une facture fiscale de 0 $ en utilisant l’EGC. Pour y parvenir, il a dû activement réduire ses actifs non admissibles de 15% à moins de 10% dans les mois précédant la vente, notamment en se versant des dividendes et en achetant de nouveaux équipements. Cela illustre que la gestion du bilan est aussi cruciale que la gestion des opérations. D’ailleurs, la valeur de cette planification a encore augmenté, puisque depuis le 25 juin 2024, l’exonération cumulative des gains en capital a été portée à 1 250 000 $, rendant la purification encore plus lucrative.

Les stratégies de purification sont multiples : verser des dividendes pour sortir la trésorerie, acquérir des actifs admissibles (équipements, immobilier d’exploitation), rembourser des dettes ou déplacer les actifs contaminants vers une société sœur. Chaque méthode a ses propres implications fiscales et doit être orchestrée avec précision. L’essentiel est de ne pas voir la purification comme une contrainte de dernière minute, mais comme une hygiène financière régulière qui préserve la valeur future de votre entreprise.

Impôt en main remboursable (IMRTD) : comment récupérer les 50% d’impôt payés sur vos revenus de placement ?

Le mécanisme de l’Impôt en Main Remboursable au Titre de Dividendes (IMRTD) est le véritable moteur de la performance des placements au sein d’une holding. Sans lui, l’investissement corporatif serait lourdement pénalisé. Le principe est d’assurer l’intégration fiscale : que le revenu de placement soit gagné directement par un particulier ou via sa société, le fardeau fiscal final devrait être similaire. Pour ce faire, les revenus passifs d’une société (intérêts, loyers, gains en capital) sont initialement imposés au taux le plus élevé, autour de 50,47%. Une portion significative de cet impôt, soit 30,67 points de pourcentage, est alors créditée dans un compte notionnel : l’IMRTD.

Cet impôt « en main » n’est pas perdu. Il est remboursable à la société lorsqu’elle verse un dividende imposable à ses actionnaires. Le remboursement est de 38,33 $ pour chaque 100 $ de dividende versé. C’est ici que la magie opère : l’impôt initial élevé est en réalité un prépaiement, une sorte de dépôt de garantie qui est restitué, assurant que la « vélocité du capital » n’est pas brisée. Cela transforme une charge fiscale punitive en un flux de trésorerie différé, comme le schématise le concept ci-dessous.

Schéma abstrait de flux financiers circulaires entre sociétés représentant le mécanisme IMRTD

L’impact de ce mécanisme est radical. Comme le détaille une analyse de l’Institut de planification financière, la structure de l’IMRTD change complètement le rendement net de vos placements corporatifs. Les dividendes de sociétés canadiennes, par exemple, deviennent particulièrement attrayants.

Impact du type de revenu sur l’IMRTD dans une holding
Type de revenu Taux d’IMRTD créé Taux effectif après remboursement
Intérêts et loyers 30,67% 19,8%
Gain en capital (50%) 15,34% 9,9%
Dividendes canadiens 38,33% 0%

Concrètement, si votre holding génère 1 000 $ d’intérêts, elle paie environ 505 $ d’impôt. Sur cette somme, 307 $ vont dans le compte IMRTD. En versant un dividende d’environ 800 $, la société récupère ces 307 $, ramenant le taux d’imposition effectif sur les intérêts à moins de 20%. Maîtriser l’IMRTD est donc essentiel pour ne pas laisser de l’argent dormant dans les coffres du fisc et pour maximiser le capital disponible pour vos investissements immobiliers.

Dividende vs Salaire : quel mix choisir pour maximiser vos droits REER et réduire la facture totale ?

Pour l’actionnaire-dirigeant, la question de la rémunération est un arbitrage constant entre le salaire et le dividende. Il n’existe pas de réponse unique, car la stratégie optimale dépend non seulement du taux d’imposition marginal, mais aussi d’objectifs de vie plus larges comme la constitution d’un fonds de retraite, la capacité d’emprunt et la protection sociale. Le salaire, bien que soumis aux charges sociales (RRQ, AE, etc.), a l’avantage majeur de générer des droits de cotisation à un REER, un outil de report d’impôt puissant. Il valide également un revenu stable aux yeux des prêteurs hypothécaires, un atout non négligeable pour un investisseur immobilier.

Le dividende, quant à lui, bénéficie d’un traitement fiscal plus léger au niveau personnel grâce au mécanisme de majoration et de crédit d’impôt, et n’entraîne pas de charges sociales pour l’entreprise. Il représente une sortie de fonds plus efficiente d’un point de vue purement mathématique à un instant T. L’enjeu est donc de trouver le bon équilibre. Une stratégie de rémunération avisée évolue avec l’âge et les besoins de l’entrepreneur :

  • À 30 ans : On priorise souvent le salaire (70-80% du mix) pour maximiser rapidement les droits REER et bâtir un dossier de crédit solide pour les premières acquisitions immobilières.
  • À 45 ans : Un mix équilibré 50/50 peut être idéal, optimisant la fiscalité courante tout en continuant à cotiser significativement à la retraite.
  • À 60 ans : La balance peut pencher vers les dividendes (70-80%) pour alléger les charges sociales et préparer une stratégie de décaissement plus douce à la retraite.

Cependant, l’analyse ne doit jamais être exclusivement fiscale. Comme le souligne un expert en planification chez MNP, un grand cabinet comptable canadien, il faut intégrer des facteurs qualitatifs. En effet, l’arbitrage doit aussi considérer les impacts sur l’admissibilité à des programmes comme l’assurance invalidité privée.

La stratégie dividende vs salaire ne doit pas être purement mathématique. Il faut considérer l’admissibilité à l’assurance invalidité, la perception des prêteurs et la discipline psychologique d’un salaire fixe.

– Expert en planification fiscale, MNP – Planification fiscale pour propriétaires-exploitants

Report de pertes : comment récupérer les impôts payés les 3 dernières années grâce à une mauvaise année ?

Dans l’esprit d’un entrepreneur, une « perte » est souvent perçue négativement. En ingénierie fiscale, cependant, une perte d’entreprise peut devenir un outil stratégique puissant. La législation fiscale canadienne permet de reporter une perte d’entreprise en arrière sur les trois années précédentes ou en avant sur les vingt années suivantes. Le report rétrospectif est particulièrement intéressant : il permet de demander un remboursement des impôts payés durant les années de profit antérieures. C’est une injection de liquidités directe, souvent inattendue, qui peut être réallouée à des investissements.

L’aspect le plus sophistiqué de cette stratégie est la capacité de « créer » une perte de manière planifiée. Un investisseur immobilier, par exemple, peut décider de concentrer des rénovations majeures sur un ou plusieurs de ses immeubles sur une seule année fiscale. Ces dépenses importantes (toiture, fondations, mise aux normes) peuvent générer une perte d’entreprise significative. Imaginons une perte de 100 000 $ ainsi créée. Cette perte peut être reportée sur les trois années fastes précédentes, potentiellement permettant de récupérer jusqu’à 25 000 $ d’impôts déjà versés. Une contrainte opérationnelle est ainsi transformée en un avantage fiscal et en une source de financement pour de futurs projets.

Graphique temporel abstrait montrant le mécanisme de report de pertes sur trois années

Cette approche change la perspective : une année de lourds investissements n’est plus seulement une sortie de fonds, mais aussi un levier pour récupérer du capital. Il s’agit d’un arbitrage fiscal actif. En planifiant judicieusement les cycles de dépenses majeures, l’investisseur immobilier peut lisser sa charge fiscale sur plusieurs années et optimiser ses flux de trésorerie, libérant des fonds pour saisir de nouvelles opportunités d’acquisition. La perte devient un actif financier à gérer.

Règles TOSI (impôt sur le revenu fractionné) : comment verser des dividendes aux membres de la famille sans pénalité ?

Le fractionnement du revenu, qui consiste à répartir le revenu d’entreprise entre des membres de la famille ayant un taux d’imposition plus faible, a longtemps été une stratégie d’optimisation fiscale de base. Cependant, l’introduction de l’impôt sur le revenu fractionné (communément appelé TOSI, ou « Tax on Split Income ») a considérablement complexifié cette pratique. Désormais, les dividendes versés à certains membres de la famille (conjoint, enfants) peuvent être imposés au taux marginal le plus élevé (jusqu’à 53%), anéantissant tout avantage fiscal, à moins que des critères stricts ne soient respectés.

Pour l’entrepreneur, la question n’est plus « puis-je fractionner ? », mais « comment puis-je le faire en toute conformité ? ». Heureusement, la législation prévoit plusieurs portes de sortie. Les maîtriser est essentiel pour continuer à optimiser la charge fiscale familiale sans tomber sous le coup des pénalités du TOSI. Ces exemptions reposent principalement sur la démonstration d’une implication réelle et significative dans l’entreprise, ou sur une structure d’actionnariat bien planifiée.

Naviguer dans les règles TOSI exige une documentation rigoureuse et une planification en amont. Ne pas le faire expose à des redressements fiscaux coûteux. La clé est de pouvoir prouver que la rémunération versée à un membre de la famille est justifiée par sa contribution réelle et non par un simple désir d’évasion fiscale. La checklist suivante résume les points essentiels à valider pour sécuriser vos stratégies de fractionnement de revenu.

Votre plan d’action pour sécuriser le fractionnement de revenu

  1. Vérifier l’implication active : Documentez une participation d’au moins 20 heures par semaine en moyenne pour les membres de la famille concernés. Utilisez des feuilles de temps, des contrats de travail formels et des procès-verbaux d’assemblées pour prouver leur rôle.
  2. Analyser la structure de l’actionnariat : Évaluez si les « actions exclues », souvent issues d’un gel successoral, peuvent être utilisées. Cette structure permet un fractionnement du revenu avec les enfants majeurs même sans implication active.
  3. Considérer l’âge des membres de la famille : Tirez parti de l’exemption automatique pour un conjoint âgé de plus de 65 ans, qui permet de verser des dividendes sans être soumis aux règles TOSI.
  4. Auditer la nature des revenus : Confirmez que les revenus ne proviennent pas d’une « entreprise de services personnels », ce qui limiterait sévèrement les options de fractionnement.
  5. Préparer la documentation : Assemblez un dossier complet (contrats, feuilles de temps, descriptions de poste, preuves de contribution) prêt à être présenté en cas de vérification par les autorités fiscales.

Roulement fiscal (Article 85) : comment transférer vos actifs à votre nouvelle inc. sans payer d’impôt immédiat ?

L’article 85 du Code criminel… pardon, de la Loi de l’impôt sur le revenu, est l’un des outils les plus puissants et flexibles de l’arsenal du fiscaliste. Il permet de transférer un bien admissible (comme un immeuble, des actions ou d’autres actifs) d’un contribuable (particulier ou société) à une société par actions canadienne, en reportant l’imposition du gain en capital. C’est ce qu’on appelle un « roulement ». Plutôt que de payer de l’impôt sur la plus-value latente au moment du transfert, le paiement est différé jusqu’à la vente éventuelle des actions reçues en échange.

Mais la véritable subtilité de l’article 85 ne réside pas seulement dans le report d’impôt. C’est un puissant outil d’extraction de capital. Lors du transfert, l’actionnaire peut recevoir en contrepartie non seulement des actions de la nouvelle société, mais aussi une contrepartie « autre », comme un billet à ordre, jusqu’à concurrence du coût fiscal de l’actif transféré. C’est ici que se niche une stratégie majeure : un entrepreneur transfère un immeuble d’une valeur de 500 000 $ (avec un coût fiscal de 300 000 $) à sa holding. Il reçoit en échange un billet à ordre de 300 000 $ et des actions pour 200 000 $. Ce billet de 300 000 $ peut ensuite être remboursé par la société au fil du temps, sans aucune incidence fiscale pour l’actionnaire. C’est une méthode légale pour extraire 300 000 $ de la structure corporative.

Toutefois, la mise en œuvre d’un roulement fiscal exige une précision chirurgicale. Les erreurs peuvent être coûteuses et invalider tout l’avantage fiscal. Un guide sur les erreurs à éviter détaille bien les conséquences potentiellement désastreuses de ces oublis.

Les 3 erreurs fatales du roulement fiscal à éviter
Erreur Conséquence Solution
Évaluation incorrecte de l’actif Invalidation du roulement, gain en capital immédiat Faire évaluer par un expert indépendant
Non-respect des délais (formulaire T2057) Pénalités et risque de refus Déposer dans les 30 jours suivant le transfert
Montant convenu erroné Création involontaire d’un avantage imposable S’assurer que le montant convenu se situe entre le coût fiscal et la JVM de l’actif

L’article 85 est donc bien plus qu’un simple mécanisme de report. C’est un instrument d’ingénierie financière qui, bien maîtrisé, permet de structurer, de financer et de capitaliser une holding immobilière.

Actions à dividendes canadiens : pourquoi les banques et télécoms restent les reines du portefeuille ?

Dans l’écosystème fiscal d’une holding, tous les revenus de placement ne naissent pas égaux. Grâce au mécanisme de l’IMRTD, les dividendes provenant de sociétés canadiennes imposables (comme les grandes banques, les sociétés de télécommunication ou les services publics) jouissent d’un traitement de faveur spectaculaire. En effet, lorsqu’une holding reçoit un tel dividende, elle doit payer un impôt remboursable (Partie IV) de 38,33%. Cet impôt est entièrement crédité au compte d’IMRTD. Lorsque la holding verse à son tour un dividende à son actionnaire, elle récupère l’intégralité de cet impôt. Le résultat net est que les dividendes de sociétés canadiennes cotées bénéficient d’un taux d’imposition effectif de 0% à l’intérieur de la société de gestion.

Cette absence totale d’impôt au niveau corporatif est un avantage colossal qui propulse le rendement de ces titres. Comparons l’efficacité de 10 000 $ investis dans une holding selon le type de placement. Après impôts corporatifs, des actions canadiennes à dividendes pourraient générer un rendement net d’environ 400 $ par an. Le même montant investi dans des actions américaines (dont les dividendes sont traités comme du revenu étranger et imposés comme de l’intérêt) générerait environ 280 $. Des obligations, quant à elles, ne laisseraient qu’environ 195 $ après l’impôt de plus de 50%. L’avantage fiscal des dividendes canadiens représente donc un surplus de rendement de plus de 100% par rapport aux obligations au sein de la holding.

C’est pourquoi les actions de premier ordre de secteurs régulés comme les banques et les télécommunications sont si prisées pour les portefeuilles de holding. Leur modèle d’affaires stable leur permet de verser des dividendes croissants et prévisibles, qui peuvent alors être accumulés et réinvestis sans friction fiscale à l’intérieur de la structure. Ce capital, non érodé par l’impôt, peut ensuite être déployé pour des mises de fonds sur des acquisitions immobilières, créant un cercle vertueux de croissance patrimoniale.

À retenir

  • La holding n’est pas un bouclier passif, mais un accélérateur actif de patrimoine, transformant les contraintes fiscales en capital d’investissement.
  • L’IMRTD est le moteur central de votre portefeuille de placements, annulant l’impôt sur les dividendes canadiens et réduisant drastiquement celui sur les revenus d’intérêts.
  • Les mécanismes comme le roulement fiscal (Art. 85) vont au-delà du simple report d’impôt; ils sont des outils d’extraction de liquidités libres d’impôt pour financer vos projets.

Portefeuille 60/40 : est-ce une stratégie morte dans un environnement inflationniste ?

La stratégie d’allocation d’actifs traditionnelle 60/40 (60% en actions, 40% en obligations) a longtemps été la pierre angulaire de la gestion de patrimoine. Son objectif était de trouver un équilibre entre le potentiel de croissance des actions et la stabilité (et la décorrélation) des obligations. Cependant, dans le contexte fiscal spécifique d’une société de gestion et face à un environnement inflationniste, ce modèle classique montre de sérieuses limites. La partie obligataire du portefeuille, censée être le havre de paix, devient un véritable fardeau fiscal.

Comme nous l’avons vu, les revenus d’intérêts générés par les obligations sont imposés au taux le plus élevé dans une holding, soit environ 50,47%. Même après la récupération partielle via l’IMRTD, le taux effectif reste proche de 20%. Dans un contexte où l’inflation peut atteindre 3 ou 4%, un rendement obligataire de 5% se traduit par un rendement réel net négatif. Le capital de la portion « sécuritaire » de votre portefeuille s’érode en silence. L’effet de diversification recherché est ainsi largement annulé par la friction fiscale. Un analyste en gestion de patrimoine corporatif résume bien le problème :

L’impôt élevé sur les revenus d’intérêts dans une holding (50,47%) handicape lourdement le rendement net de la partie obligataire, poussant à réviser complètement l’allocation traditionnelle 60/40.

– Analyste en gestion de patrimoine corporatif, CI Gestion mondiale d’actifs

Cela pousse les investisseurs avisés à repenser leur allocation. La recherche de rendement et de protection contre l’inflation peut mener à privilégier des actifs alternatifs. L’immobilier, avec son potentiel d’appréciation du capital, l’indexation des loyers à l’inflation et ses avantages fiscaux (amortissement), devient une alternative naturelle et puissante à la portion obligataire d’un portefeuille de holding. L’arbitrage n’est plus seulement entre actions et obligations, mais entre actifs financiers traditionnels et actifs réels, comme l’immobilier, dont la fiscalité est souvent mieux intégrée dans une stratégie de holding.

Pour mettre en pratique ces stratégies complexes et les adapter à votre situation unique, l’étape suivante consiste à mandater une analyse approfondie de votre structure corporative par un fiscaliste expert. Évaluez dès maintenant la solution la plus adaptée pour transformer votre holding en un puissant levier d’investissement immobilier.

Questions fréquentes sur Holding de gestion : comment l’utiliser pour multiplier votre capacité d’investissement immobilier ?

Comment prouver la participation active d’un membre de la famille ?

Pour prouver une participation active et éviter l’application des règles TOSI, il est crucial de documenter un minimum de 20 heures de travail par semaine en moyenne durant l’année. Cette preuve doit être tangible et peut inclure des feuilles de temps détaillées, un contrat de travail formel, et des procès-verbaux d’assemblées qui démontrent une implication réelle dans les décisions stratégiques et opérationnelles de l’entreprise.

Une fiducie familiale peut-elle contourner les règles TOSI ?

Non, une fiducie familiale ne permet pas de contourner les règles TOSI, mais elle peut offrir une plus grande flexibilité pour structurer les revenus. La fiducie permet de répartir les revenus entre plusieurs bénéficiaires, mais chaque bénéficiaire reste individuellement soumis aux règles TOSI. Son avantage réside dans sa capacité à faciliter la mise en place de structures qui respectent les critères d’exemption, par exemple en détenant des actions qui se qualifient comme « actions exclues ».

Quelle pénalité si les règles TOSI s’appliquent ?

Si un dividende est jugé soumis aux règles TOSI, la pénalité est sévère. Le revenu de dividende, qui bénéficie normalement d’un taux d’imposition préférentiel grâce au crédit d’impôt pour dividendes, sera plutôt imposé au taux marginal maximum applicable dans la province de résidence du particulier. Ce taux peut atteindre jusqu’à 53%, ce qui annule complètement l’avantage fiscal du fractionnement de revenu.

Rédigé par Marc-André Lévesque, CPA auditeur et associé principal dans un cabinet comptable montréalais, spécialisé en fiscalité des PME et normes comptables canadiennes (NCECF/IFRS). Avec 18 ans d'expérience, il conseille les dirigeants sur l'optimisation fiscale et la gestion de trésorerie en période d'inflation.